Sans nouvelles

Certaines relations reprennent parfois leur place dans notre vie presque naturellement.

On se retrouve, on partage des moments simples, des repas, des balades, quelques escapades. On rit, on discute, on se découvre parfois même un peu plus qu’avant. Le feeling est là et rien ne laisse imaginer que quelque chose pourrait soudainement changer.

Et puis, sans prévenir, le silence.

Un message envoyé. Pas de réponse.

Un deuxième quelques jours plus tard. Toujours rien.

Au début, on n’y prête pas vraiment attention. Chacun a sa vie, ses occupations, ses envies. Je suis d’ailleurs le premier à penser qu’une relation ne se mesure certainement pas au nombre de messages échangés chaque semaine.

Mais lorsque les jours deviennent des semaines, forcément, les questions commencent à arriver.

Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Est-ce que j’ai été trop présent ? Pas assez ? Est-ce que quelque chose s’est passé ? Ou est-ce simplement la vie qui, pendant quelque temps, emmène l’autre ailleurs ?

Le plus difficile avec le silence, finalement, ce n’est peut-être même pas l’absence. C’est de ne pas savoir.

Notre cerveau, cette merveilleuse petite machine qui déteste les cases vides, se charge alors de les remplir. Et généralement, il ne choisit pas les scénarios les plus rassurants.

Avec le temps, j’apprends pourtant quelque chose : il faut parfois accepter de ne pas avoir immédiatement la réponse.

Une belle journée passée ensemble reste une belle journée. Un fou rire ne devient pas faux parce qu’un message reste ensuite sans réponse. Les moments heureux que l’on a partagés ne sont pas effacés rétroactivement par quelques semaines de silence.

Alors plutôt que de multiplier les messages, de demander des explications ou de chercher absolument à comprendre, je préfère aujourd’hui laisser une porte ouverte.

Sans reproche.

Sans dette affective.

Sans ce terrible « après tout ce que j’ai fait pour toi » qui transforme parfois l’affection en comptabilité.

Simplement faire savoir que je suis là.

Je crois d’ailleurs que nous sommes nombreux à connaître cette situation. Avec un enfant, un petit-enfant, un ami, un frère, une sœur, parfois même quelqu’un que l’on aime profondément. Une relation n’avance pas toujours en ligne droite. Elle respire, s’éloigne, revient. Et quelquefois elle nous échappe complètement pendant un moment.

Ce n’est pas agréable. Je serais bien incapable de prétendre le contraire.

Mais tenir à quelqu’un, c’est peut-être aussi accepter qu’il puisse prendre de la distance sans immédiatement lui demander des comptes.

Alors j’attends.

Pas devant mon téléphone, rassurez-vous. J’ai quand même quelques occupations !

J’attends simplement en continuant ma vie, avec cette petite porte laissée entrouverte.

Parce qu’au fond, certains liens n’ont pas besoin d’être sollicités tous les jours pour exister.

Et si un jour un simple « Coucou » arrive comme si de rien n’était, je sais déjà ce que je répondrai.

« Coucou 😊 »

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2 réponses

  1. Avatar de Karine VENÉ
    Karine VENÉ

    Coucou Mon Cher Pat
    Tu as l’air nostalgique mon Pat ..,,,,
    Je lis avec attention des publications, parfois je commente …,,
    J’espère que tu vas bien ?
    Pas trop de nouvelles de toi .,,,,
    Bisous
    Karine

  2. Avatar de Pato
    Pato

    Coucou Karine,
    Je ne suis pas nostalgique, je rédige simplement des billets sur des phénomènes de société que je vis parfois personnellement. Ce sont des éléments de réflexion, car je suis convaincu que cela concerne tout le monde, qu’il s’agisse d’amis, de famille ou de simples connaissances.

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