Fin octobre, début novembre de l’année dernière, j’étais à Rome avec mon ami Leon, mon Autrichien préféré. 😉
Nous avions passé quelques jours extraordinaires dans cette ville que j’aime énormément. Rome a quelque chose de particulier. On peut y marcher pendant des heures, se perdre dans une petite rue, tomber sur une place sublime, boire un café beaucoup trop serré à une terrasse et se dire que, finalement, les Italiens ont peut-être compris deux ou trois choses essentielles à la vie.
Quelques mois plus tard, Leon et moi sommes repartis ensemble à Malte. Très beau voyage également, mais complètement différent. Rome était restée à part.
Et ces jours-ci, forcément, j’y repense.
Le pape Léon XIV s’apprête à venir en France. Du 25 au 28 septembre, il sera notamment à Paris, Lourdes et Metz. Les catholiques sont en effervescence et, même si je regarde tout cela avec une certaine distance, cette visite me ramène immédiatement au 1er novembre 2025, à Rome.
Ce jour-là, j’ai eu la chance de photographier le pape.
Et quand je dis photographier, je ne parle pas d’un petit point blanc aperçu à 300 mètres avec un téléobjectif digne de la NASA. Non. Il était là, à quelques mètres de moi.
Je ne suis pourtant pas croyant.
J’ai bien été baptisé, j’ai fait mon catéchisme et ma communion. À l’époque, cela faisait partie du programme ! On ne te demandait pas vraiment ton avis. On te mettait une jolie tenue, on réunissait la famille et en avant…
Puis la vie passe. On grandit, on réfléchit, on construit ses propres convictions.
Mais ce 1er novembre, à Rome, quelque chose d’assez étrange s’est produit.
Lorsque le pape s’est approché, j’ai senti ma respiration changer. Autour de moi, la foule était immense et pourtant, pendant quelques secondes, j’ai eu l’impression que tout devenait différent. Plus silencieux. Plus dense.
Difficile à expliquer.
Ce n’était pas une révélation religieuse. Je ne suis pas rentré à l’hôtel en annonçant à Leon que j’allais entrer dans les ordres. Il aurait probablement demandé à changer de chambre immédiatement.
C’était autre chose.
La sensation d’être devant quelqu’un qui représente, qu’on le veuille ou non, deux mille ans d’histoire, de croyances, d’espérance, de contradictions aussi. Une figure que l’on connaît depuis toujours, que l’on voit à la télévision, dans les livres, dans les journaux… et qui, soudain, est là, presque à portée de main.
Je prenais mes photos, mais pendant quelques instants, j’ai presque oublié mon appareil.
J’ai simplement regardé.
Et j’ai ressenti.
C’est sans doute cela que je retiens aujourd’hui de ce moment. On peut ne pas croire et malgré tout être bouleversé. On peut avoir pris ses distances avec la religion et ressentir la puissance d’un symbole. Nos émotions ne demandent heureusement pas toujours la permission à nos convictions.
Quelques jours à Rome, un ami autrichien, des kilomètres à pied, beaucoup de photos, quelques bonnes tables et, au milieu de tout cela, quelques secondes totalement inattendues.
Vendredi, lorsque Léon XIV arrivera en France et que les images envahiront les écrans, je regarderai certainement cela d’un œil différent.
Parce que moi aussi, pendant quelques instants à Rome, j’ai connu cette drôle de sensation.
Le pape était juste là.
Et croyant ou pas, ça ne laisse pas tout à fait indifférent.

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