Demain, Apple tiendra son traditionnel keynote de septembre. Et cette année, je dois bien reconnaître que je l’attends avec une curiosité particulière.
Pas tellement pour savoir si l’iPhone 18 Pro aura un meilleur capteur photo, une puce encore plus rapide ou une nouvelle couleur dont Apple nous expliquera pendant cinq minutes qu’elle a nécessité trois années de recherche. Tout cela est devenu presque habituel.
Non, cette fois, il y a autre chose.
Un iPhone qui se plie.
Rien que d’écrire cette phrase me fait un peu sourire.
Parce que les smartphones pliants existent depuis des années. Samsung en commercialise depuis 2019 et d’autres constructeurs ont largement suivi. J’en ai vu, j’en ai manipulé quelques-uns et, très franchement, je n’ai jamais ressenti cette petite envie qui me fait parfois commettre quelques imprudences technologiques.
Mon iPhone 17 Pro me convient parfaitement. Il est puissant, rapide, excellent en photo et je n’ai absolument aucune raison d’en changer.
Voilà.
Maintenant que nous avons évacué la partie raisonnable de ce billet, nous pouvons parler sérieusement.
Car Apple pourrait présenter demain son premier iPhone pliant, que tout le monde appelle pour l’instant iPhone Ultra. Et forcément, ma curiosité commence à s’agiter.
Ce qui me fascine dans cette histoire, c’est d’apprendre qu’Apple ne se serait pas réveillée il y a deux ans en découvrant soudainement que l’on pouvait plier un écran. Le projet aurait commencé il y a près de dix ans.
Dix ans !
À l’origine, Apple aurait plutôt imaginé une sorte d’iPad pliable. Puis Tim Cook lui-même aurait commencé à s’intéresser sérieusement au sujet. Lors d’un voyage en Asie en 2020, il aurait testé plusieurs smartphones pliants et poussé ses équipes à explorer cette piste pour l’iPhone.
J’aime beaucoup cette histoire.
Elle correspond finalement assez bien à l’Apple que j’aime, que dis-je…, que j’adore… Celle qui peut regarder tranquillement les autres sortir une technologie, parfois pendant des années, pendant que tout le monde lui reproche son retard.
Puis Apple arrive.
Pas forcément avec quelque chose de révolutionnaire sur le papier, mais avec sa propre interprétation.
Et c’est précisément ce que j’ai envie de découvrir demain.
Les rumeurs décrivent un appareil assez étonnant, au format d’un petit passeport lorsqu’il est fermé, avec un écran extérieur de 5,5 pouces. Une fois ouvert, on arriverait autour de 7,8 pouces. Presque un petit iPad que l’on pourrait glisser dans sa poche.
Et là, forcément, mon imagination commence à travailler.
Consulter tranquillement une carte, regarder mes photos, lire un article, travailler sur mes applications, afficher deux apps côte à côte… Tout à coup, le pliable commence à avoir un peu plus de sens.
Mais Apple aurait dû faire des choix assez étonnants pour obtenir un appareil aussi fin. Face ID pourrait disparaître au profit de Touch ID. Le téléobjectif serait également absent. Même la batterie pourrait être moins généreuse que celle d’un Pro Max.
Sur un appareil qui pourrait coûter largement plus de 2 000 €, cela risque de provoquer quelques discussions animées.
Et probablement quelques magnifiques phrases chez Apple du genre : « Nous avons complètement repensé la manière dont vous vous identifiez sur votre iPhone. »
Nous autres, nous appellerons simplement cela Touch ID.
Mais il y a surtout un détail qui m’intrigue : la charnière.
Cela paraît presque ridicule de parler autant d’une charnière, mais elle pourrait bien être l’élément le plus important de cet iPhone. Apple aurait passé énormément de temps à travailler sur sa solidité, sa finesse et surtout sur cette fameuse marque que l’on aperçoit au milieu de beaucoup d’écrans pliants. Les dernières informations parlent encore d’un pli légèrement perceptible au toucher, mais beaucoup plus discret à l’œil.
Et c’est peut-être là que les dix années de développement commencent à prendre tout leur sens.
Apple arrive tard.
Très tard même.
Mais elle n’a pas le droit d’arriver avec un produit qui donne l’impression d’être un prototype.
Encore moins au prix annoncé.
Parce qu’il faut évidemment parler du sujet qui fâche.
Le prix.
Les estimations tournent autour de 2 000 dollars au minimum et probablement plus de 2 500 € chez nous. Certaines configurations pourraient monter encore beaucoup plus haut.
À ce niveau-là, on ne plie plus seulement l’iPhone.
On plie également la carte bancaire.
Et pourtant…
Je me connais.
J’ai toujours aimé les objets technologiques qui proposent réellement quelque chose de nouveau. Pas simplement un processeur 15 % plus rapide ou un appareil photo légèrement meilleur.
Un nouvel usage.
Je me souviens encore de l’arrivée de l’iPhone X en 2017. Lui aussi cassait les habitudes. Plus de bouton principal, Face ID, un écran presque entièrement bord à bord… Il avait quelque chose de différent. Ça changeait vraiment de mon Sony Ericsson, M600i.
L’iPhone Ultra pourrait provoquer ce même petit sentiment.
Ou pas.
Parce que pour l’instant, tout cela reste constitué de rumeurs. Et c’est finalement ce qui rend la veille d’un keynote Apple encore amusante.
Demain soir, comme Tim Cook, John Ternus apparaîtra probablement avec « Good morning! » et nous saurons enfin ce qu’Apple prépare réellement.
Peut-être regarderai-je cet iPhone Ultra en me disant que 2 500 € pour plier un téléphone en deux est une idée parfaitement absurde.
Peut-être trouverai-je que mon iPhone 17 Pro est finalement très bien comme il est.
Peut-être.
Mais je connais aussi suffisamment ma petite faiblesse pour les produits Apple pour envisager une troisième possibilité.
Il pourrait suffire de quelques minutes de présentation, d’une belle animation, d’un écran qui se déplie parfaitement et d’un magnifique…
« One more thing. »
Et là, mes bonnes résolutions risquent soudainement de devenir beaucoup plus pliables que l’iPhone.


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