Je pensais plutôt bien connaître les paysages de Loire-Atlantique. Les bords de Loire, les marais, les vignes, l’océan pas très loin… Bref, un département qui ne manque pas de charme, mais auquel on ne pense pas spontanément lorsqu’on prononce le mot « montagne ».
Et puis je suis tombé sur Abbaretz.
À une quarantaine de minutes de Nantes, au cœur du site du Bois-Vert, se dresse une étonnante montagne blanche. Un terril qui semble avoir été déposé là par erreur, comme un petit morceau de paysage lunaire égaré au milieu de la campagne.
Autant vous dire que cela a immédiatement éveillé ma curiosité.
UNE MONTAGNE… FABRIQUÉE PAR L’HOMME
Ce qui ressemble aujourd’hui à un décor presque naturel est en réalité le témoignage spectaculaire d’une longue histoire minière.
Et quelle histoire !
L’étain aurait été exploité dans cette région dès l’Antiquité. À l’époque romaine, le secteur d’Abbaretz constituait déjà une importante zone d’extraction.
Bien plus tard, au début du XXe siècle, l’exploitation industrielle reprend. Puis, entre 1952 et 1957, la mine est exploitée à ciel ouvert par plusieurs centaines d’ouvriers.
On y extrait notamment la cassitérite, le principal minerai d’étain.
Et comme souvent avec les mines, ce que l’on extrait n’est qu’une petite partie de ce que l’on remue.
Argile, schiste, quartz et autres matériaux inutilisés vont progressivement s’accumuler jusqu’à former cet immense terril clair qui domine aujourd’hui les environs.
Une montagne née des entrailles de la terre.
121 MÈTRES… ÇA COMPTE ! 😏
D’accord, les Savoyards peuvent continuer à dormir tranquilles.
Mais avec environ 121 mètres au-dessus du niveau de la mer, le sommet du terril offre l’un des points de vue les plus étonnants du département.
Pour l’atteindre, il faut tout de même avaler quelque 200 marches.
Voilà qui devrait permettre de justifier le goûter au retour.
L’effort semble largement récompensé puisque, là-haut, le panorama s’ouvre à 360 degrés sur la campagne environnante.
Des tables d’orientation permettent également de décrypter le paysage et de comprendre ce passé industriel qui a totalement transformé le site.
J’imagine déjà le contraste : grimper au milieu de cette terre presque blanche, arriver au sommet et découvrir tout autour une Loire-Atlantique beaucoup plus verte.
Rien que pour cela, j’ai envie d’y aller.
ET EN BAS, LA NATURE A REPRIS LA MAIN 🌿
Le plus fascinant est peut-être ce qu’est devenu le site après l’arrêt de l’exploitation minière.
La mine s’est tue, les hommes sont partis… et la nature s’est réinstallée.
Le site abrite aujourd’hui une faune et une flore intéressantes, avec notamment de nombreuses espèces d’oiseaux et plusieurs variétés de fougères.
L’ancienne excavation minière a également laissé derrière elle un étang d’une quarantaine de mètres de profondeur, entouré de végétation.
On passe ainsi d’un paysage industriel à un espace presque sauvage.
Un joli rappel que la nature possède parfois un talent remarquable pour reprendre possession des endroits que nous lui avons empruntés.
UNE BALADE QUE JE METS SUR MA LISTE
Un sentier balisé d’environ 7 kilomètres permet de découvrir le site et ses différents paysages.
Et plus j’en lis sur Abbaretz, plus je me demande comment j’ai pu passer à côté jusque-là.
Ce n’est évidemment pas l’Everest. Pas besoin de sherpa, de bouteilles d’oxygène ni d’un entraînement intensif.
Une bonne paire de chaussures devrait suffire. 😉
Mais cette montagne blanche réunit exactement ce que j’aime dans une escapade : un endroit proche, une histoire étonnante, un paysage inattendu et cette petite impression de partir ailleurs sans avoir besoin d’aller très loin.
Alors oui, Abbaretz vient officiellement de rejoindre ma liste des prochaines balades.
Et quelque chose me dit que je ne vais pas attendre très longtemps avant d’aller vérifier moi-même ce que l’on voit du haut de ces fameuses 200 marches.
La Loire-Atlantique possède donc sa montagne.
Il ne me reste plus qu’à partir à son assaut.

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