Travailler avec l’IA

Ces derniers temps, j’ai le sentiment que l’intelligence artificielle ne se contente plus de frapper à la porte. Elle est déjà installée dans le salon, avec un café à la main, prête à discuter. Une récente déclaration venue de Microsoft m’a d’ailleurs interpellé et m’a donné envie de partager quelques réflexions.

Mustafa Suleyman, en charge de la stratégie IA chez Microsoft, évoque un horizon très proche, entre douze et dix-huit mois, où les systèmes d’intelligence artificielle pourraient réaliser une grande partie des tâches intellectuelles du quotidien professionnel. Dit comme cela, la phrase peut sembler presque provocatrice. Pourtant, lorsqu’on observe les progrès récents, elle ressemble davantage à un constat accéléré qu’à une pure fiction.

Les métiers les plus exposés seraient ceux qui reposent sur la manipulation d’informations numériques : rédaction, analyse, synthèse, gestion documentaire, suivi de projets. Autant d’activités que l’IA sait déjà assister, parfois même surprendre par sa pertinence. Juristes, comptables, responsables marketing ou chefs de projet pourraient voir une partie de leur travail évoluer rapidement.

Mais en y réfléchissant, cette situation me rappelle d’autres tournants technologiques que nous avons déjà traversés. Le tableur, Internet, le smartphone… À chaque fois, une même crainte initiale, suivie d’une adaptation presque naturelle. Les métiers n’ont pas disparu, ils ont changé de forme, souvent pour gagner en valeur ajoutée.

J’ai plutôt tendance à voir l’IA comme un futur collègue discret. Un collègue qui travaille vite, ne se fatigue jamais, mais qui a besoin d’un regard humain pour donner du sens, arbitrer, imaginer et ressentir. Finalement, ce qui reste profondément humain, c’est la capacité à relier les idées, à comprendre les nuances et à créer de la confiance.

Cette évolution me semble poser une question passionnante : comment allons-nous cohabiter avec ces intelligences numériques ? La réponse passera probablement par l’apprentissage d’un nouveau langage professionnel, celui du dialogue avec les machines. Savoir poser les bonnes questions, vérifier, interpréter et surtout garder une forme d’esprit critique.

À titre personnel, je regarde cette transformation avec curiosité plutôt qu’avec inquiétude. Peut-être parce que la technologie a toujours été pour moi une source d’exploration et d’émerveillement. L’idée de disposer d’assistants cognitifs capables d’amplifier nos idées ouvre un champ de possibles assez enthousiasmant.

Nous sommes peut-être simplement en train d’assister à la naissance d’une nouvelle normalité. Une normalité où chacun travaillera aux côtés d’une intelligence artificielle comme nous travaillons aujourd’hui avec un ordinateur ou un smartphone. Une présence presque invisible, mais profondément structurante.

Au fond, la question n’est pas de savoir si l’IA va transformer le travail. Elle le fait déjà. La vraie question est de déterminer quelle place nous voulons y prendre. Observateur inquiet, utilisateur pragmatique ou explorateur enthousiaste. Pour ma part, j’avoue avoir choisi mon camp.

Sur une idée de Lydie, j’enrichi cet article de cet excellent court-métrage : « Si ChatGPT était un employé »

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3 réponses

  1. Avatar de Lydie Dee

    Je t’invite à regarder la vidéo de Cyprien : Si ChatGPT était un employé. Je ne mets pas le lien pour ne pas partir dans tes spams.

  2. Avatar de Pato Switch

    Waouh, excellent ce court-métrage ! Grâce à toi, j’ai pu enrichir mon article.
    Un grand merci Lydie.

  3. Avatar de Lydie Dee

    Je le trouve percutant. Il donne à réfléchir.

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