Le Roi Lion à Mogador, ou l’art de retomber en enfance

Il y a des spectacles qu’on voit une fois… et d’autres auxquels on revient.

Le Roi Lion, je l’avais découvert en 2010, dans une autre vie presque, accompagné de mon amie et de mes enfants. À l’époque déjà, le choc avait été réel. Quinze ans plus tard, pousser à nouveau les portes du théâtre Mogador pour cette comédie musicale aura quelque chose de très particulier.

Le premier vendredi de février, Paris sera fidèle à elle-même : élégante, vibrante, un peu théâtrale avant même d’entrer dans la salle. Mogador, lui, n’a rien perdu de sa superbe. On s’installe, les lumières baissent… et très vite, le temps se plie. Les souvenirs remontent, mais le spectacle, lui, ne vit pas dans la nostalgie.

Car Le Roi Lion ne vieillit pas.

Au contraire, il gagne en profondeur. La mise en scène reste bluffante, les costumes toujours aussi inventifs, presque hypnotiques. On reconnaît chaque tableau, mais on ne les regarde plus avec les mêmes yeux. En 2010, j’étais surtout spectateur émerveillé. Aujourd’hui, je suis aussi témoin du temps qui passe, de ce que cette histoire raconte sur la transmission, la filiation, la place que l’on occupe dans le cycle de la vie.

La musique, elle, fait exactement ce qu’elle sait faire de mieux : toucher juste. Les premières notes provoquent un sourire immédiat, un mélange de joie et de tendresse. Elton John et Hans Zimmer ont clairement placé leurs pions pour l’éternité. Les voix sont puissantes, incarnées, portées par une énergie collective impressionnante. La salle entière respire au même rythme.

J’ai hâte de revivre tout cela, encore quelques semaines de patience…

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