Capricieux, fragiles, susceptibles… À écouter certains managers, la génération Z serait une énigme légèrement irritante, livrée avec écouteurs, anxiété et refus de travailler le dimanche. Une génération née entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010, qui déroute. 86 % des dirigeants estiment d’ailleurs que les moins de 28 ans sont très différents de leurs aînés. Une surprise ? Pas tant que ça. Une rupture ? Probablement.
Ces jeunes ont grandi dans un monde plus protecteur, parfois surprotégé, bercé par l’éducation positive et l’idée que tout se discute. Résultat : une sensibilité plus visible, moins dissimulée sous le tapis. Ajoutons à cela une exposition massive aux réseaux sociaux, une pandémie en pleine construction identitaire, et une santé mentale devenue un sujet central. Le cocktail est puissant. Pas fragile par faiblesse, mais fragile parce que conscient.
Mais le nerf de la guerre reste économique. Pour la première fois depuis 1945, une génération travaille sans être sûre d’améliorer son niveau de vie. Salaires modestes, loyers élevés, perspectives floues. Alors oui, ils arbitrent. Ils travaillent à la hauteur de ce qu’on leur propose. Pas plus paresseux que les générations précédentes, simplement plus lucides. Se tuer à la tâche pour un avenir incertain ne fait plus rêver.
Finalement, la génération Z n’est peut-être ni capricieuse ni enfant roi. Elle agit comme un révélateur. Elle questionne le sens du travail, l’équilibre de vie, la valeur réelle de l’engagement. Et si le malaise qu’elle provoque en entreprise n’était pas un problème de génération… mais un problème de modèle ?
J’ai trois enfants, c’est un sujet qui me passionne. 

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