Hier soir, la salle Sémaphore à Nantes s’est transformée en cocon de lumière et de nostalgie. Les Candlelight ont cette capacité presque magique à arrêter le monde autour de nous, mais quand le programme rend hommage à Charles Aznavour, on bascule dans une autre dimension. Une heure hors du temps, portée par le quatuor à cordes Ensemble Paname, qui a réinventé les classiques du maître avec une délicatesse désarmante.
Les premières notes d’« Il faut savoir » ont lancé la soirée comme un souffle retenu. Puis est arrivé « Je me voyais déjà », qui résonne toujours comme un clin d’œil tendre à ceux qui rêvent grand. L’émotion s’est faite encore plus dense avec « Comme ils disent », sublimé par les cordes, donnant une profondeur nouvelle à l’un des textes les plus poignants d’Aznavour.
Les titres se sont enchaînés comme un collier de souvenirs : « Les comédiens », « La bohème », « For me formidable », « Que c’est triste Venise », chacun éveillant une partie de l’histoire collective. « Parce que tu crois » et « Non je n’ai rien oublié » ont apporté cette douceur mélancolique qu’on reconnaît entre mille. L’Ave Maria a fait monter un frisson dans la salle, suivi d’une interprétation bouleversante de « La mamma ».
Puis est arrivé « She », toujours aussi élégante, toujours aussi intemporelle, avant que « Emmenez-moi » ne referme la soirée dans un souffle d’évasion et de lumière. On aurait presque juré que les bougies vacillaient différemment sur ces dernières mesures.
Partagé avec mon ami F….. pour son anniversaire, ce moment a pris une couleur toute particulière. Une parenthèse délicieuse, juste ce qu’il faut de beauté pour nourrir l’âme et rappeler que la musique, quand elle est jouée avec autant de finesse, devient un langage universel.
Les Candlelight savent créer l’atmosphère. Aznavour, lui, sait toucher le cœur. Les deux réunis, c’est tout simplement magnifique.

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